1901

Janvier. Saint-Saëns est en Algérie et s’installe cette fois à Bône où il est moins sollicité qu’à Alger, pour poursuivre l’écriture de la partition des Barbares, tout en entretenant une correspondance assidue avec les librettistes Sardou et Gheusi.

Mars. La commission ministérielle ayant décidé que les représentations des Barbares prévues à Orange entraîneraient trop de frais, les reporte à l’Opéra de Paris.

Mi-avril. Saint-Saëns rentre à Paris, mais victime d’une forte grippe infectieuse, il ne peut assurer la lecture de la partition à l’Opéra.

De juin à octobre. Saint-Saëns se rend à l’Opéra quasi quotidiennement pour faire travailler les chanteurs et superviser la préparation des Barbares.

15 août. Séjour à Béziers pour assister à la reprise de Prométhée de Fauré donné lors du Festival et à Bacchus mystifié, ballet que Saint-Saëns avait envisagé de composer et proposé ensuite à Max d’Ollone, à la suite du retard de la préparation des Barbares.

9 octobre. Saint-Saëns est nommé président de l’Académie des Beaux-arts et prononce le discours solennel des cinq académies. Il rend hommage aux académiciens disparus et accueille les nouveaux lauréats du Prix de Rome qui s’apprêtent à partir à la Villa Médicis.

23 octobre. Création des Barbares à l’Opéra de Paris.

30 novembre. Départ pour Cannes, après quelques jours à Londres.

31 décembre. Saint-Saëns est à Naples et s’apprête à partir pour l’Égypte.

Maquette de costume pour les Barbares, à l’Opéra de Paris, par Charles Bianchini. [BnF-BmO]

1902

Séjour hivernal en Égypte, dans un palais sur l’île de Rhodah, mis à sa disposition par Mohammed Ali Pacha, le frère du khédive

26 février. Saint-Saëns prend part aux fêtes organisées au Caire pour le centenaire de Victor Hugo, et dirige son Hymne à Victor Hugo.

Mars. Séjour à Weimar pour l’inauguration du monument à Liszt.

17 au 30 avril. Naples, Gênes, Béziers, Paris, Londres où Saint-Saëns passera également la deuxième quinzaine de juin.

9 août. Création de la Marche pour le couronnement d’Edouard VII, jouée à Westminster.

Saint-Saëns en compagnie de Mohammed Ali Pacha, devant le Palais de Rodah. [Musée de Dieppe]

17 et 19 août. Création de Parysatis aux Arènes de Béziers sur un livret de Jane Dieulafoy, tiré de son roman historique inspiré de la Perse au temps d’Artaxerxès. Le spectacle est donné avec des décors fastueux et des effectifs imposants (450 instrumentistes, 250 choristes).

18 août. Création au Théâtre de Béziers de Botriocéphale, « bouffonerie antique », en un acte écrite en 1890, qui sera redonnée à Paris, au Théâtre de l’Odéon le 22 novembre.

25 octobre. Lecture à l’Académie de l’étude sur les lyres et harpes antiques, sujet que Saint-Saëns avait approfondi lors de ses voyages en Orient et au cours des visites des musées de Naples et Pompéi. Il fera d’autres communications à l’Académie et publiera des articles sur ce même sujet.

4 novembre. Saint-Saëns se rend à Birmingham. Le même mois, il achève Le Roi Apépi, comédie en prose, en 4 actes, tirée d’une nouvelle de Victor Cherbuliez.

Début décembre. Saint-Saëns joue à Sarah Bernhardt la musique de scène qu’elle lui avait demandée pour Andromaque qui sera donnée l’année suivante.

2 décembre. Départ pour Nice, puis Naples, et arrivée à Alexandrie le 24 décembre pour l’hivernage annuel.

Parysatis, l’arrivée du char de Darius, arènes de Béziers, août 1902. [BnF-BmO]

1903

Janvier. Proserpine est donnée à Alexandrie, au Théâtre Zizinia, ainsi qu’au Théâtre Khédivial du Caire. Festival des œuvres de Saint-Saëns, au cours duquel il se produit.

A la demande de Raoul Gunsbourg, directeur du Théâtre de Monte Carlo, Saint-Saëns songe à un nouvel ouvrage lyrique,Hélène, dont il écrit les paroles à Ismaïlia, dans la demeure du prince d’Arenberg, lors de ce long séjour en Égypte.

Février. Création à Berlin, en l’absence de Saint-Saëns, du Concerto pour violoncelle n° 2, op. 119, par Josef Hollmann, dédicataire de l’œuvre

27 mars. Retour en France par Marseille, puis arrivée à Paris pour la reprise d’Henry VIII à l’Opéra.

18 avril. Saint-Saëns tient l’orgue aux obsèques de son amie, la compositrice Augusta Holmès.

Juin. Séjour à Biarritz, dans les Pyrénées, à Cannes.

Juillet. Saint-Saëns s’installe au Mont Revard près d’Aix-les-Bains et esquisse la partition d’Hélène qu’il achève lors de son retour à Paris.

Août. Séjour à Béziers pour les reprises de Parysatis (les 9 et 11 août) et de Déjanire (les 16 et 18 août). Le Roi Apépi est créé au Théâtre municipal de Béziers le 13 août.

Fin octobre. Tournée de concerts à Strasbourg, Carlsruhe, Wiesbaden, Gand.

2 décembre. Saint-Saëns est à Brindisi et part pour Alexandrie et Le Caire.


1904

L’hivernage est de courte durée, car le 22 janvier Saint-Saëns est à Monte Carlo pour les répétitions d’Hélène, poème lyrique en 1 acte, créé le 18 février à l’Opéra de Monte Carlo.

9 mars. Saint-Saëns est à Naples, puis revient par Gênes, Monte Carlo, Nice et Marseille.

Mi-avril. Retour à Paris. Saint-Saëns se produit dans deux concerts de la Société des concerts du Conservatoire, les 17 et 24 avril, au piano dans le Concerto en mineur de Mozart, il tient l’orgue dans la Troisième Symphonie, et dirige son oratorio Le Déluge.

Mai-juin. Long séjour en Angleterre et en Écosse. Hélène est donnée en anglais à Covent Garden le 20 juin. Saint-Saëns donne plusieurs récitals et concerts de musique de chambre avec le violoniste Johannes Wolff.

21 juin. Saint-Saëns prend un appartement en location à Paris, 17 rue de Longchamp dans le 16e arrondissement. Il rachète des meubles et installe sa bibliothèque.

25 juin. Saint-Saëns est à Milan et embarque le lendemain à Gênes, à bord du Citta di Milano, pour une longue tournée en Amérique du Sud : Buenos-Aires, Cordoba, Rosario, Montevideo, Rio de Janeiro. Il reviendra en Europe au début du mois de septembre.

Novembre. Conférence à la Société astronomique de France sur les effets des mirages observés dans la Mer rouge.

Préférant conserver son indépendance, Saint-Saëns refuse de prendre la direction de la Villa Médicis.

Cette année, il reste à Paris plus tard qu’à l’accoutumée car il souhaite assister aux répétitions d’Hélène qui doit être donnée à l’Opéra-Comique

Illustration pour l'affiche de Hélène, par Georges Rochegrosse. [BnF-BmO]

1905

18 janvier. Première d’Hélène à l’Opéra-Comique avec Mary Garden dans le rôle-titre.

24 janvier. Saint-Saëns part pour Marseille, puis pour un 11e séjour en Algérie. Il reste quelques temps à Alger et s’isole à Biskra où il compose la Sonate pour violoncelle et piano n° 2 et commence à réfléchir à la commande d’une nouvelle œuvre qu’il vient de recevoir d’Albert Ier de Monaco, pour la prochaine saison de l’Opéra de Monte Carlo. Il songe à un livret que lui avait proposé Lucien Augé de Lassus, sur le sujet d’une vendetta Corse.

Avril. Saint-Saëns se rend à Bastia et à Ajaccio pour s’inspirer de l’atmosphère de la Corse et des lieux où va se situer son futur ouvrage, l’Ancêtre. Il commence ses esquisses.

Mai. Saint-Saëns est à Paris pour quelques concerts, notamment à la Société des Concerts du Conservatoire où il joue le Concerto pour piano n° 5 de Beethoven lors d’une manifestation pour l’érection d’un monument à la mémoire du compositeur.

Juin-août. Séjour en Italie, sur les bords du Lac majeur, pour avancer la partition de l’Ancêtre dont la trame est achevée au mois d’août à Thun, en Suisse. Saint-Saëns revient à Paris à la mi-août et repart à la fin du mois, traversant toute la France pour se rendre à Burgos en Espagne, observer une éclipse totale de soleil qui a lieu le 30 août.

Séjour à Dieppe et à Paris pour achever l’orchestration de l’Ancêtre.

18 octobre. Grand concert au cours duquel Saint-Saëns dirige sa cantate Le Feu céleste avec des chœurs et orchestre composés de 600 exécutants. Il dirige également Africa.

26 novembre. Saint-Saëns est à Cannes, puis part pour Gênes et Naples pour rejoindre l’Égypte. Il arrive à Port-Saïd le 17 décembre et se rend ensuite au Caire.


1906

Janvier. Saint-Saëns est au Caire jusqu’à la fin du mois. Il a été désigné par le ministre pour composer une cantate à la gloire de Corneille dont on fête le tricentenaire, et travaille à la composition de cette œuvre.

À partir du 3 février. Saint-Saëns est à Monaco pour la préparation de l’Ancêtre, créé le 24 février à l’Opéra de Monte-Carlo dans une très belle distribution.

Fin mars. Départ pour une tournée de concerts en Italie : Rome (concert de ses œuvres à l’Académie Sainte-Cécile le 26 mars), Florence, Gênes, suivie d’une tournée en Espagne et au Portugal. Saint-Saëns joue à deux pianos avec Granados lors d’un festival donné en son honneur au Gran Teatro del Liceo de Barcelone.

19 mai. Grand concert donné à la salle Érard pour fêter les 60 ans de carrière de Saint-Saëns. Il y participe lui-même avec d’autres interprètes et l’Orchestre de la Société des concerts du Conservatoire.

19 juin. La cantate La Gloire de Corneille est donnée à l’Opéra.

Été. De très nombreux déplacements au cours de l’été, pour des récitals, des concerts, ou pour assister à l’exécution de ses œuvres à Bordeaux, Bourges, Paris, Londres, Ostende, Bruxelles, Salzbourg. Après quelques jours de repos à Dieppe du 18 au 25 août, Saint-Saëns part pour le festival de Béziers où il participe à un concert donné pour fêter son 70e anniversaire, et se rend ensuite à Pallanza au bord du Lac majeur au début du mois de septembre.

Octobre. Au début du mois, Saint-Saëns donne des concerts à Stuttgart, Prague et Berlin où il n’était pas retourné depuis le mauvais accueil qu’il avait reçu en 1886 à la suite de la parution d’Harmonie et mélodie.

20 octobre. Revenu d’Allemagne le 16 octobre, Saint-Saëns repart de Paris le 20 octobre pour une longue tournée aux États-Unis. Il est atteint de la diphtérie sur le bateau. Il arrive à New York le 4 novembre et, malgré son mauvais état de santé, tient cependant à assurer tous ses engagements : récitals à Carnegie Hall à New York, Philadelphie, Chicago, Washington. Il se produit au piano, à l’orgue, et dirige plusieurs de ses œuvres.

Saint-Saëns repart pour l’Europe à la fin-décembre. Il se ressent toujours des suites de la diphtérie, et passe quelques jours à Paris avant de repartir aussitôt pour se soigner en Égypte.

Femme corse, photographie de Th. Moretti, Corte, utilisée pour l'affiche des représentations parisiennes.